Centres Sociaux de Roubaix, des Etats Généraux pour une nouvelle dynamique

Publié le 28 Avril 2015

L’ensemble des Centres Sociaux de la Ville de Roubaix est soumis à une série de difficultés. Depuis un an, nous n'avons eu de cesse de réclamer auprès de la municipalité de dresser un constat d'ensemble de la situation pour ne pas éteindre les incendies au coup par coup et surtout générer une dynamique positive. Si la plupart des centres sociaux connaissent des situations de crise ou de fragilité, à travers eux ce sont les familles de Roubaix qui sont atteintes. Nous avons à nouveau au Conseil Municipal du 23 avril abordé ce sujet, notamment en questionnant les modalités des États généraux des Centres Sociaux prévues en Juin.

JL.Cornu CRNPdC

JL.Cornu CRNPdC

Le Centre Social Pile-Ste Élisabeth toujours sous administration provisoire a amélioré sa situation, la convention avec la Ville qui nous est proposée constitue une pierre à cet édifice.

Le Centre Social Moulin-Potennerie n’est pas encore sorti de crise, c’est une vraie souffrance sur le quartier et pour les salariés. Nous avons pu mesurer et la presse s’en est largement fait écho l’attachement à cette structure compte tenu des besoins sociaux exprimés par les habitants. Un administrateur provisoire est attendu, c’est une condition pour l’engagement de la CAF. Nous pouvons être optimistes si chacun dépasse les clivages et poursuit les efforts.

Jamais les habitants de nos quartiers qui vivent des situations âpres, familiales, personnelles ou de précarité économiques n’ont eu autant besoin d’accueil, de lien et de collectif. Jamais probablement aussi les questions de professionnalisme, de considération des animateurs et éducateurs n’ont été autant au cœur des enjeux de ces structures qui sont des employeurs. La force de frappe des Centres Sociaux c’est la qualité de ses ressources humaines.

Notre groupe estime qu’au regard des défis sociaux et culturels de Roubaix, tout doit être fait pour assurer des ressources stables aux Centres Sociaux, il est dangereux de diminuer les subventions au monde associatif comme cela a été le choix de la municipalité. Ce qui ne veut pas dire que la plus grande rigueur de gestion et de production ne doit pas être l’objectif de chacun.

Enfin, il faut considérer la difficulté et le statut particulier de ces structures de quartier : elles s’appuient sur une gouvernance démocratique qui doit inclure le quartier, des représentants des habitants. Dans la plupart des cas, on peut considérer que la qualité de la gouvernance est au cœur des défis qui se posent aux centres sociaux ; à la légitimité de représentation au sein des CA doit être ajouté une exigence de compétence et de respect des règles et cadres d’action ; ce n’est pas donné en lot à la naissance, même si tout peut s’acquérir. C’est pourquoi, la qualité, la montée en qualification des gouvernances, la transparence et l’existence de fonctions d’évaluation et de régulation constituent le principal point auquel nous devrons être vigilants pour tous les centres sociaux de cette ville.

La Ville a accepté la mise en place des Etats Généraux des Centres Sociaux, nous avions demandé une mise à plat dès le début du mandat, c’est une étape indispensable pour pérenniser le maillage de notre Ville avec ces structures et pour créer des dialogues utiles entre acteurs et partenaires. Quelques questions se posent néanmoins :

  • Aujourd’hui un travail préparatoire est en cours pour ces assises, pouvez-vous nous dire Mr l’Adjoint si tous les Centres Sociaux sont bien associé à cela, sans exclusive ?
  • Nous avons eu en commission préparatoire au Conseil Municipal une courte présentation générale de ces assises : confirmez-vous que les élus de l’opposition seront bien invités aux temps forts ?
  • L’état des parties prenantes associées à ces Assises ne mentionne que le tour de table institutionnel des partenaires des centres sociaux : CAF, Département, Etat, centres sociaux et leur fédération, mais aucunement les structures de quartier ou les habitants…

Il n’est pas possible de mener cette réflexion de consolidation et de préparation de l’avenir sans lien avec les quartiers d’implantation des centres sociaux et leurs forces vives. Alors soit on associe des associations actives en rapport avec la mission des centre sociaux, les comités de quartier… soit on prévoit un débat consultatif spécifique dans chaque grand quartier…

Évidemment, si nous avions des conseils de quartier ou des Conseils Citoyens comme la Loi nous y oblige ce serait plus facile.

Je termine la-dessus : il y a maintenant plus d’un an que cette équipe a été élue, et nous n’avons toujours pas d’instance de démocratie de proximité, ce n’est pas normal…

Myriam Cau

Rédigé par myriamcau.fr

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