Hôpital : la grande impasse... défendons l'emploi hospitalier !

Publié le 22 Octobre 2011

 

MP900398783Pour Europe Ecologie – Les Verts, il est temps de prendre à bras le corps les difficultés de l’Hôpital de Roubaix !

 

Nous interpellons l'ARS, bras de l'Etat pour la gestion hospitalière, pour trouver des solutions viables, pérennes, humainement acceptables et adaptées aux graves difficultés de santé du territoire roubaisien

Nous voulons faire entendre la voix des habitants de Roubaix, Wattrelos, Hem, Croix, Wasquehal et autres villes environnantes qui ont besoin de l’hôpital: apportons notre soutien aux personnels du Centre Hospitalier de Roubaix !

 

Nous demandons aux députés et sénateurs d'intervenir en plus haut lieu pour rétablir une situation normale et juste de financement de l’hôpital de Roubaix qui valorise en premier lieu sa richesse humaine : soignants et soignés…

Le gouvernement doit agir, aujourd’hui la politique de santé est réduite à la seule logique compatible et on laisse s’enfoncer dans la crise des hôpitaux et des territoires en difficulté.

 

 

L'hôpital de Roubaix est performant, il s'est doté d'un projet d’entreprise, il est composé de multiples talents et de personnels soignants dévoués, il dispose d’un encadrement moderne rompu au management des entreprises complexes, il est réputé et présente de nombreux secteurs d'excellence. Sa' modernisation ayant été largement engagée il y a quelques années, cet hôpital était en progression continue.

 

Aujourd'hui sa situation se dégrade : des personnels en situation de stress permanent, une insuffisance chronique de moyens humains au regard des besoins, des agents qui dénoncent le manque de dialogue et d'écoute, une attractivité mise à mal pour recruter les spécialistes et personnels soignants... Nous sommes dans un cercle vicieux dont témoignent les mouvements de grèves, les protestations, l'absentéisme de fait, sans parler des impacts psycho-sociaux au travail sur ceux là-même dont le rôle est de soigner les autres…

 

Les soins palliatifs, les sage-femmes, les anesthésistes, les établissements accueillant les personnes âgées dépendantes, le Centre d’éveil. La liste est longue des appels au secours lancés par le personnel hospitalier et les organisations syndicales ...

 

Depuis des années, l'hôpital attend la construction indispensable et urgente de sa nouvelle maternité, toujours promise - visite ministérielle à l'appui - jamais démarrée... La concrétisation des promesses recule sans cesse avec de nouvelles conditions impossibles à réaliser. Seul élément d'explication: tenir les objectifs de réduction de retour à l’équilibre.

 

Si l'hôpital 'est en déficit, ce n'est pas qu'il est mal géré, toutes les économies ont été recherchées, toute l'organisation a été optimisée. L'hôpital affiche un déficit parce que les règles fixant ses ressources via l'Etat et l'ARS (agence régionale de santé) ne permettent pas de faire face à la réalité des dépenses de santé ici à Roubaix, hôpital par ailleurs multi-sites

 

La réalité des dépenses de santé est à relier à la situation sanitaire du territoire roubaisien: on continue de s'y soigner moins, et moins bien, on recourt tardivement aux soins, les difficultés socio-économique pèsent sur la situation sanitaire de la population.

 

La tarification à l’acte avait été mise en place pour encourager la modernisation hospitalière et, quelque soit l’avis que l’on a sur le bien-fondé de cette réforme, le Centre Hospitalier de Roubaix avait joué le jeu : tous se sont mobilisés pour réaliser des efforts de productivité. Mais entretemps, les règles ont changé et la progression réalisée par l’hôpital a été annulée par la baisse des tarifs décidée par l’Etat. Depuis d’ailleurs, on fonctionne à dotation fermée : l’activité elle-même est « encadrée » dans son développement.

 

Ainsi bien qu'ayant fait preuve d'une efficacité renforcée, d'une activité de soin améliorée, la rémunération des actes ayant baissé, c'est le « travailler plus pour gagner moins » ...

 

Dans le même temps, on met en concurrence le service public avec les établissements privés qui choisissent les soins rentables laissant la lourde et noble tâche à l'hôpital public de soigner tout le monde. C’est la Fédération Hospitalière de France qui réclame l’arrêt immédiat de la convergence des tarifs avec les cliniques privées: en effet, le projet de financement de la sécurité sociale prévoit une amputation de 442 Millions d'euros des crédits des Hôpitaux Publics, sans qu'aucun effort ne soit demandé aux cliniques commerciales et dénonce « la volonté de sanctuariser à tout prix les bénéfices que les cliniques réalisent en sélectionnant les pathologies les plus rentables ».

 

L'hôpital est aujourd'hui pris au piège d'une logique comptable qui fragilise son rôle de service public sur un territoire défavorisé où la population se soigne mal.

 

Face aux exigences de l'ARS sur le retour à l'équilibre dont l'équation initiale a été faussée, il semble rester une seule possibilité: le personnel comme variable d'ajustement ... C'est à cela qu'est confrontée la direction de l'hôpital qui semble impuissante à enrayer la situation d'étranglement financier qui lui est imposée, perdant· progressivement sa crédibilité face aux personnels qui tirent la sonnette d'alarme. Plus un emploi ne doit être supprimé. C’est d’autres solutions qu’il faut trouver, notamment pour les indispensables investissements.

 

La situation a atteint aujourd'hui sa limite: la 2ème entreprise de l'agglomération roubaisienne est en grande souffrance ... Elle souffre des règles libérales imposées au service public hospitalier, dans un contexte de rupture d'égalité avec le secteur privé.

 

Elle souffre de la surdité politique nationale à la situation de la région Nord Pas-de. Calais et de sa population: dernière région de France en termes d'Indice de Développement Humain, de par sa très mauvaise situation de santé. Dans ce contexte, faut-il rappeler que Roubaix a été classée ville la plus pauvre de France ?

 

Une politique de santé durable conjugue prévention, qualité et accessibilité des soins pour tous, l'hôpital est notre «bien commun». Une vision humaniste de la santé se doit particulièrement .de veiller au bien-être de nos aînés, et à maintenir l’attention relationnelle qui leur est due.

 

Il est temps aujourd'hui que l'ARS entende l'impasse dans lequel se trouve le Centre Hospitalier de Roubaix, les risques sociaux et la dégradation sanitaire que cela fait encourir à notre territoire.

 

Il est temps que se mobilisent les députés du territoire. Messieurs Vercamer et Baert, pour obtenir des arbitrages légitimes et justes en faveur de l’hôpital de Roubaix.

 

Nous soutenons tous ceux, personnels, usagers et leurs familles, organisations syndicales, citoyens qui défendent le Centre Hospitalier de Roubaix.

Rédigé par myriamcau.over-blog.fr

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